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Dans "La Lorraine royaliste" : L’Europe ou le Roi....

        L’Union européenne est partout. Dans les institutions, dans nos lois, dans les media, dans les esprits. Et quelque chose de si omniprésent ne manque pas d’apporter des réactions diverses : de l’amour le plus aveugle, à la haine plus ou moins refoulée. L’Union européenne, outre ses échecs cuisants, serait coupable du crime de « technocratie », et serait en manque de démocratie. Il est vrai que les « pères fondateurs » (par commodité et par souci de la réalité, nous les appellerons les « traîtres ») ne se sont pas embarrassés des grands principes démocratiques qu’ils prétendaient défendre, dans le but de parvenir à leur édifice supranational. Leur but était plus grand encore : la paix. Et puisque eux savaient ce qui était bon pour les peuples d’Europe, à quoi bon leur demander leur avis ? D’autant plus que ces peuples avaient le mauvais goût d’être encore attachés à leur nation étriquée.

        L’idée de ces « traîtres » fut donc de construire une communauté de fait, pour créer de force un sentiment d’appartenance européen, et rendre caduques les nations, de la même façon que les jacobins avaient tenté de faire disparaître la diversité des provinces de France. Sauf que soixante ans après la déclaration Schuman, l’Europe n’existe toujours que dans les cervelles formatées d’élites mondialisées, et certainement pas dans la majorité de la population. Certes, le scrutin universel est conservateur et les peuples d’Europe se sont accommodés de l’Union européenne : ne leur dit-on pas que l’Europe c’est l’avenir, et que les solutions nationales sont d’un autre temps ? Démocratisons les institutions européennes, et tout ira bien, donnons un peu plus de pouvoir au parlement européen et le monde se portera mieux. Le phare de la démocratie sur Terre sera démocratique et pourra faire triompher cette dernière partout !

        Certes la critique démocratique de l’Union européenne est puissante, car elle est révoltante. Les Européens ont été floués, on ne leur a pas demandé leur avis, et on leur a imposé un système qu’ils n’ont pas accepté démocratiquement. Mais une fois accomplie cette Union européenne demandera l’approbation aux peuples européens, qui dans leur majorité acquiesceront au principe européen. Ne vous a-t-on pas dit que le suffrage universel était conservateur ? Il est bien utopique pour des patriotes de penser que les peuples sont restés totalement anti-européens. Ils l’étaient parce que les Etats nationaux étaient l’ordre établi et que ceux-ci ne les dérangeaient pas, au contraire même, puisqu’ils satisfaisaient assez bien leurs différents besoins. Ce scrutin universel est mou, et comme il est difficile de le réveiller ! Voyez ce que vit la Grèce, et c’est seulement à partir de ce moment que des partis anti-européens comment à émerger sérieusement. Alors certes les Français ont rejeté le traité de Lisbonne, mais n’avaient-ils pas accepté Maastricht ? Si l’on souhaitait se positionner d’un point de vue démocratique, on pourrait remarquer qu’à chaque fois l’abstention vient fausser ces résultats.

        Si l’Union européenne nous apparaît comme une horreur, tant mieux. Mais la critique démocratique, outre le fait qu’elle soit très hasardeuse, ne s’avère même pas souhaitable si l’on désire défendre la France et les Français. Dans le camp patriote on invoque souvent pour défendre la France face aux descendants des « traîtres », la souveraineté nationale. Voilà un concept qui chez les royalistes est loin de faire l’unanimité. En effet, celle-ci apparaît historiquement pendant la révolution en opposition avec la souveraineté du Roi. La Nation est souveraine et non le Roi. Le piège, le voici : séparer les deux notions. La souveraineté nationale et celle du Roi sont inséparables, sous peine de dépérir l’une et l’autre.

        Nos anti-européens démocrates parlent de l’époque où l’UE n’existait pas comme d’un paradis, dans lequel les nations et les peuples décidaient pour eux-mêmes, et disposaient d’une souveraineté nationale absolue. Il suffit de remonter le fil de l’Histoire pour démontrer que tel n’était pas le cas. Le peuple ne fut pas consulté sur l’intégration européenne, et les oligarchies au pouvoir n’eurent pas de difficulté à créer l’Europe. Alors, on nous dit qu’il s’agissait d’une défaillance de la démocratie, et qu’une authentique démocratie n’aurait pas permis cela. Mais maintenant qu’ils ont accompli leur plan : que faire ? Le suffrage universel ne viendra pas renverser tout l’édifice, à peine le contestera-t-il (encore faudra-t-il attendre que les technocrates européistes veuillent bien demander leur avis aux peuples d’Europe). Mais de plus, si le statu quo ante (ante Union européenne) était rétabli, la démocratie et sa faiblesse pathologique lorsqu’il s’agit de défendre la France seront bien peu pour résister aux lobbys et réseaux mondialistes. Le pouvoir sera donné à des technocrates partisans qui au lieu de décider à Bruxelles, le feront à Paris. Si les partis politiques, les lobbys ne sont pas neutralisés, et avec eux leur instrument qu’est la « démocratie », la souveraineté passera de L’Union européenne à des oligarchies anti-françaises : belle avancée !

        Soyons logiques, le parlementarisme au niveau national ne vaut pas mieux que le parlementarisme procédural de l’Union européenne : les partis du système sont maîtres, et il est inutile de croire en la représentativité de ces élus. La seule représentation qui vaille est locale. Sans chef héréditaire, la France pourra sans cesse tomber et retomber.

        Laisser le pouvoir au peuple n’est pas une option : soit celui-ci revient aux oligarchies pseudo-démocratiques vendues, soit il est confié à une famille sage, conseillée et informée par des représentants des différents corps et communautés qui composent la France.

        VR

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