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Les bulletins de la RN

  • Le plus grand défi

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    LE  MOT DU PRÉSIDENT

     

    Le plus grand défi

     

    La volonté de plus en plus nette des peuples européens à vouloir rester souverains et à préserver leurs identités constitue un désaveu cuisant à l’encontre des politiques migratoires voulues par l’Union européenne. Celle-ci s’en trouve d’ailleurs de plus en plus divisée. Or ce qu’il est convenu d’appeler la crise migratoire trouve sa source dans la croyance en la mondialisation heureuse, laquelle suppose la suppression des frontières et la généralisation du libre-échange appliqué aux capitaux, aux marchandises et aux hommes. La mondialisation n’a pas rendu le monde plus harmonieux, elle l’a mis au service d’intérêts marchands et financiers avec tout le cynisme qui s'en suit. Appliqué aux flux de main-d’œuvre ce libéralisme migratoire ne conçoit les hommes qu’interchangeables et les sociétés que multiculturelles. Lorsqu’en 2015 la chancelière Merkel a opté pour un accueil massif de « réfugiés », elle ne faisait que répondre aux souhaits du patronat allemand de bénéficier d’une main‑d’œuvre bon marché d’hommes jeunes et aptes au travail en remplacement d’une population allemande déclinante et vieillissante.

    Jouant de l’hypocrisie la plus consommée, cette politique migratoire de masse se farde de préoccupations humanitaires et de références à des « valeurs » dont il n’est justement pas palpable d’estimer ce qu’elles valent d’heureux. Elle bénéficie de soutiens considérables (tel celui du milliardaire George Soros) et de la fréquente complicité médiatique aimant jouer du registre compassionnel. L’affaire de l’Aquarius est ici archétypale. Elle a donné à penser que les « migrants » avaient été secourus en mer quand ils ont été embarqués paisiblement aux larges des côtes libyennes comme autrefois le faisaient les bateaux négriers. Ainsi les complices de passeurs clandestins font-ils figure de sauveurs. En réalité ils contribuent à encourager les départs, c’est-à-dire à favoriser la perte de forces vives pour les pays émetteurs de migrants. L’universitaire Stephen Smith, spécialiste des questions migratoires sur ce continent, n’hésite pas à dire que le premier acte du migrant n’est pas héroïque mais constitue plutôt un acte d’abandon, un défaitisme. De surcroît, explique-t-il, ce ne sont pas les personnes les plus pauvres qui partent, mais des représentants de la classe moyenne africaine aujourd’hui émergente. S’ils font le choix de partir vers l’Europe, c’est en raison du différentiel de niveau de vie entre les deux continents. Mais, eux partant, l’espérance pour les autres recule. «  Les migrants tournent le dos à un continent en panne dont les insuffisances leur semblent irréparables à l’échelle d’une vie humaine. Ils se sauvent.(...) L’acte civique consisterait à retrousser les manches et à investir toute cette énergie qui est aujourd’hui mobilisée pour des départs individuels dans des efforts collectifs pour changer la face du continent. » (1). On invoque volontiers le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais bien peu le droit des peuples à pouvoir vivre dans leurs pays. Quoiqu’il en soit ces flux migratoires s’amplifieront, compte tenu de l’extrême jeunesse de la population africaine (40% de moins de 15 ans) et, par suite, de la forte croissance démographique qui en résultera dans les décennies à venir.

    Ces réalités appellent les nations européennes à définir des politiques migratoires dignes de ce nom. C’est peut-être le plus grand défi auquel elles soient confrontées. Ni la peur, dont chacun sait qu’elle est mauvaise conseillère, ni la compassion, qui extrapole exagérément les cas particuliers en généralités, ne peuvent sainement les inspirer. Il faut savoir raison garder. S’il y a « crise » aujourd’hui dans les pays d’accueil comme la France, ce n’est point en raison des prétendues caractères racistes et xénophobes de leurs habitants ou de leur insensibilité aux détresses humaines. Affirmer cela est se borner à ne jamais rien résoudre et à exacerber les tensions. Le malaise procède du constat alarmant d’une forte présence de population immigrée peu ou pas assimilée (ne parle-t-on pas de « territoires perdus » ?), jointe à une pression toujours plus forte d’une immigration incontrôlée et d’une intégration en panne. La société s’en trouve mécaniquement déstabilisée sur les plans social, économique et culturel. Sans parler des questions sécuritaires. Les Français (comme d’autres peuples en Europe) ressentent combien est menacé le droit légitime d’un peuple à sauvegarder son identité culturelle et historique. Une nation est une triple référence à un territoire, à un peuple et à une culture. Or ces trois réalités structurantes ne semblent plus défendues en tant que telles. S’en réclamer est même jugé contraire à l’ordre moral en cours. N’est moralement licite que d’en appeler au cosmopolitisme, au multiculturalisme et  à l’immigrationnisme. Pour autant il n’est pas question d’envisager des nations-forteresses où les frontières seraient perpétuellement hermétiques, le droit d’asile nié et la société muséifiée. Il s’agit de définir ce que pourrait être une immigration sagement maîtrisée et régulée, en fonction des capacités réelles du pays récepteur en termes d’accueil et d’assimilation satisfaisants. Mais cela suppose une philosophie politique bien différente de celle qui prévaut actuellement (2). On en revient toujours à la question du bien commun, et à la question de l’Etat qui doit en être le maître d’œuvre.   ■

    1 -Stephen Smith La ruée vers l'Europe — La jeune Afrique en route pour le Vieux continent, Grasset 2018

    2 – Qu’on se rappelle l’affirmation inconcevable qu’avait osé proférer Erdogan (réélu ce 24 juin en Turquie) devant le Parlement allemand en 2008 : « L’assimilation est un crime contre l’humanité. » Les autorités allemandes avaient laissé courir...

    Bernard Pascaud

  • Maurras, hier, aujourd’hui et demain

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    LE  MOT DU PRÉSIDENT

     

    Maurras, hier, aujourd’hui et demain

     

    Qu’une dame Nyssen, de nationalité française récente, se plie aux injonctions haineuses d’intellectuels faussaires pour juger de ce qui peut, ou pas, être commémoré dans l’histoire de France, voilà ce qui est moins un scandale qu’une démonstration. La preuve est faite que les ressorts du système sont ceux du sectarisme et du complotisme groupusculaire. Pour refuser à Maurras en ce 150e anniversaire de sa naissance, de figurer parmi les événements retenus par le Haut Comité aux commémorations nationales, le parfait illettré qu’est Frédéric Potier a cru se donner l’occasion de paraître intraitable en énonçant cette énormité : « commémorer, c’est rendre hommage ». Croit-il donc qu’on s’apprête à rendre hommage à la grippe espagnole, événement retenu dans la liste des commémorations prévues ? Quant à la LICRA, toujours grande dans sa volonté d’interdire, de censurer et de contrefaire, son aversion pour Maurras lui fait exhiber l’unique fiche qui lui tient lieu de culture à son sujet, celle d’un homme condamné pour « intelligence avec l’ennemi », sans aller, bien sûr, jusqu’à dire que ce fut à l’issue d’un procès dont un colonel Rémy a dit qu’il fut une forfaiture. Que de tels procédés qui rappellent ceux des totalitarismes du XXe siècle soient aujourd’hui le fait d’un ministère dit de la Culture ont quelque chose d’inquiétants. Au point qu’on sourit à l’idée que ces censeurs n’ont peut-être pas fait un bon calcul en s’autocensurant de la sorte. Car organisées par eux les commémorations auraient probablement sacrifié à un discours convenu et à un esprit moralisateur conforme à l’air du temps. Autant dire que l’air de la malédiction et de l’anathème aurait dominé les débats. La démarche scientifique, la probité intellectuelle, la simple vérité factuelle n’y auraient pas trouvé leur compte.

    Au-delà de l’écume de ces controverses, et n’en déplaise à tous les Torquemada de la pensée, l’œuvre de Maurras demeure. Elle est aujourd’hui rendue plus facilement accessible par les nouvelles technologies de l’information. Les autodafés par le vide des bibliothèques, par la conspiration du silence et par la calomnie s’en trouvent contournés. Ceux qui auront la curiosité d’y aller voir verront de quel amour de la France brûla le cœur de Charles Maurras. Ils verront surtout quelles fortes raisons, vérifiées aux détours de l’Histoire, ont scandé son combat politique quotidien et fonder son royalisme. Aujourd’hui les mêmes biens publics qu’il appelait de ses vœux, font défaut ou sont menacés : la sécurité (contre l’invasion), les libertés (contre l’oppression), le besoin de Justice, la concorde entre Français. Si les situations concrètes et par suite les défis ne sont plus les mêmes, les besoins du pays restent identiques et ses carences ont toujours des causes idéologiques et institutionnelles. Le pacifisme porteur de guerre a pris l’allure de la mondialisation heureuse et de l’immigrationnisme à tout vent. La Liberté n’est toujours qu’un mot creux, mais qui formule, hélas, le triomphe de la modernité justement libérale : la totale autonomie de l’individu à l’égard du réel. Les avancées sociétales qui en découlent sont autant de reculs très préoccupants pour l’homme. Les libertés concrètes dont devraient jouir les communautés de destin qui structurent la vie sociale, subissent toujours un carcan idéologique, qu’aucune réforme sérieuse n’est venue véritablement contrarier, ni sur la question de la décentralisation, ni sur celle de la représentation. Au cours de l’histoire, c’est au Prince dont le sens de la Justice se traduisit en magistrature bienfaisante qu’est allée la confiance des Français. En l’absence d’un tel juge suprême l’autorité judiciaire n’est plus honorée d’une telle confiance. Quant à la concorde entre Français, elle suppose la forte réalité de la nation, ce « nous » commun favorisant l’entente plutôt que la discorde. On lui substitue un abstrait et inconsistant vivre-ensemble censé se confondre avec les valeurs et pratiques républicaines naturellement diviseuses. Il en résulte une société toujours plus éclatée oscillant entre individualisme et communautarisme, que ne corrigera aucune « citoyenneté européenne » ni aucun esprit cosmopolite.

    Décidemment le dossier Maurras n’est pas clos. Ni pour l’histoire, ni pour la politique française présente et à venir.

    Bernard Pascaud

  • Rénovation de la droite ou restauration nationale ?

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    LE  MOT DU PRÉSIDENT

     

    Rénovation de la droite ou restauration nationale ?

     

    Après la victoire « ni droite, ni gauche » du candidat Macron, et la déculottée des grands partis de gouvernement, à quoi pense la gauche et à quoi pense la droite ? A rénover la gauche et à rénover la droite, pardi ! D’où les manœuvres et les recompositions en cours, comme si les Français qui ont voté, ou qui se sont abstenus (plus du quart du corps électoral au second tour de la présidentielle et plus de la moitié aux élections législatives), n’avaient pas fait entendre le souhait de nouvelles aspirations politiques. Autrement dit : quel nouveau thermomètre choisir pour faire baisser la température ? Car de remise en cause du système politico-idéologique qui a mené la France où elle en est actuellement, il n’en est pas question. Le plus dur KO électoral ne constitue pas un électrochoc assez puissant pour libérer la pensée partisane des addictions démocratiques.

    Un livre serait nécessaire pour énumérer et analyser toutes les opérations "reconquête" aujourd’hui mises en œuvre. Il en est de classiques comme, à droite, la tentative Wauquiez de refaire de la vieille UMP, rebaptisée LR une machine à gagner, ou chez Marine Le Pen l’ambition de faire un nouveau Front. Mais il en est de plus originales. Elles prennent la forme de sites internet, de revues ou de mouvements variés. Une des plus fondées en raison est le mouvement dextrogyre. Son nom bizarre est un néologisme calqué sur une expression utilisée par le critique littéraire Albert Thibaudet dans l’entre-deux-guerres, lequel était aussi un analyste politique. Lui parlait de mouvement sinistrogyre pour qualifier le glissement toujours plus à gauche de la vie politique française depuis le XIXe siècle. Aujourd’hui le politologue Guillaume Bernard estime que ce sont les idées de droite qui ont le vent en poupe. Du moins dans cette droite qu’il qualifie de classique par opposition à une droite dite moderne. Pour lui, le clivage entre les deux réside dans la conception des corps sociaux, familles, régions, nation : pour la droite classique ils sont l’expression d’un ordre naturel ; pour la droite moderne, ce sont des constructions nées de la volonté. Ce nouveau clivage est présent selon lui dans tous les partis, du Centre au Front National inclus, et pourrait provoquer une heureuse recomposition du spectre politique, tenant compte des enjeux idéologiques profonds qu’il exprime. Une droite classique qui parviendrait à un regroupement selon ses valeurs serait dans l’espace politique une nouvelle offre vouée à des succès électoraux.

    Si une telle formation apparaissait et remportait les succès escomptés, on ne pourrait que s’en réjouir en effet. Mais cette droite classique organisée en machine électorale aurait-elle des chances d’y arriver alors qu’elle serait très logiquement et très violemment mise en procès d’illégitimité démocratique ? Nos grands principes basés sur l’individualisme exigent, en effet, que la primauté soit accordée aux volontés majoritairement exprimées, non à la référence à un ordre naturel. Etre démocrate, c’est admettre la nécessaire conformité de la loi civile à la majorité exprimée, et non la conformité de la loi civile à ce qu'on appelle un ordre naturel ou à une loi morale. L’individualisme démocratique ne saurait pactiser avec l’affirmation d’un ordre cosmologique des choses. Dans ce contexte, la droite classique risque fort de ne connaître qu’un piètre avenir politicien.

    Ainsi, en n’envisageant aucun autre cadre à l’action politique que les valeurs républicaines et la voie électorale, le mouvement dextrogyre est confronté à un dilemme sans issue : ou bien hurler avec tous les tenants du système qu’en dehors de l’idéologie et des pratiques républicaines il n’y a point de salut, et dans ces conditions ne plus pouvoir défendre les points non négociables. Soit constater : point de salut à cause de l’idéologie et des pratiques républicaines négatrices des corps sociaux naturels, et compromettre son avenir électoraliste. Persévérer dans ces conditions ne peut relever que de la foi en la démocratie républicaine. Y croire, quand même ! Ce fut la ligne de cette « droite qui n’arrive jamais », dont parlait le professeur Adeline. Pendant ce temps la gauche se renforce toujours davantage et la droite dite moderne se gauchise.


    Revenons pour terminer à Albert Thibaudet pour dire que le glissement à gauche qu’il constatait, n’était pas d’abord redevable à la conjoncture ou à l’habileté manœuvrière des hommes de gauche. Il est consubstantiel à la pratique démocratique. En d’autres termes : la gauche est, en République, chez elle tandis que la droite ne peut y être que locataire. La gauche ne peut que s’y sentir bien et la droite mal à l’aise. A moins de renoncer peu à peu à elle-même, ce qui est toute son histoire. Comme le disait Léon Daudet des libéraux par rapport aux révolutionnaires, elle est condamnée à des reculs et à des concessions à perpétuité. Dans ces conditions, l’attitude la plus réaliste n’est-elle pas de chercher à rassembler tous ceux qui pourraient constituer cette droite classique autour d’un projet politique lui-même centré sur une réflexion de fond sur les institutions ? Car il est plus important de chercher à restaurer la France qu’à vouloir rénover ce qui a toujours échoué.  ■

    Bernard Pascaud

  • Le bulletin de la RN n° 85 est sorti - La nation, voilà la survie !

    Tous les deux mois, la Restauration nationale publie un bulletin de liaison dont la version papier est réservée à ses abonnés.

    Outre le mot du président, de Bernard Pascaud et l'éditorial de Georges Rousseau, il fait part de la vie du mouvement, annonce les différentes manifestations et activités de nos fédérations et rend compte de leur déroulement.

    Nous mettons aujourd'hui en ligne le n° 85. Les n° 86 et 87-88 le seront dans les prochains jours. Pour lire l'intégralité de ce bulletin, veuillez cliquer sur la page ci-dessous :

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