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  • Maurras, hier, aujourd’hui et demain

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    LE  MOT DU PRÉSIDENT

     

    Maurras, hier, aujourd’hui et demain

     

    Qu’une dame Nyssen, de nationalité française récente, se plie aux injonctions haineuses d’intellectuels faussaires pour juger de ce qui peut, ou pas, être commémoré dans l’histoire de France, voilà ce qui est moins un scandale qu’une démonstration. La preuve est faite que les ressorts du système sont ceux du sectarisme et du complotisme groupusculaire. Pour refuser à Maurras en ce 150e anniversaire de sa naissance, de figurer parmi les événements retenus par le Haut Comité aux commémorations nationales, le parfait illettré qu’est Frédéric Potier a cru se donner l’occasion de paraître intraitable en énonçant cette énormité : « commémorer, c’est rendre hommage ». Croit-il donc qu’on s’apprête à rendre hommage à la grippe espagnole, événement retenu dans la liste des commémorations prévues ? Quant à la LICRA, toujours grande dans sa volonté d’interdire, de censurer et de contrefaire, son aversion pour Maurras lui fait exhiber l’unique fiche qui lui tient lieu de culture à son sujet, celle d’un homme condamné pour « intelligence avec l’ennemi », sans aller, bien sûr, jusqu’à dire que ce fut à l’issue d’un procès dont un colonel Rémy a dit qu’il fut une forfaiture. Que de tels procédés qui rappellent ceux des totalitarismes du XXe siècle soient aujourd’hui le fait d’un ministère dit de la Culture ont quelque chose d’inquiétants. Au point qu’on sourit à l’idée que ces censeurs n’ont peut-être pas fait un bon calcul en s’autocensurant de la sorte. Car organisées par eux les commémorations auraient probablement sacrifié à un discours convenu et à un esprit moralisateur conforme à l’air du temps. Autant dire que l’air de la malédiction et de l’anathème aurait dominé les débats. La démarche scientifique, la probité intellectuelle, la simple vérité factuelle n’y auraient pas trouvé leur compte.

    Au-delà de l’écume de ces controverses, et n’en déplaise à tous les Torquemada de la pensée, l’œuvre de Maurras demeure. Elle est aujourd’hui rendue plus facilement accessible par les nouvelles technologies de l’information. Les autodafés par le vide des bibliothèques, par la conspiration du silence et par la calomnie s’en trouvent contournés. Ceux qui auront la curiosité d’y aller voir verront de quel amour de la France brûla le cœur de Charles Maurras. Ils verront surtout quelles fortes raisons, vérifiées aux détours de l’Histoire, ont scandé son combat politique quotidien et fonder son royalisme. Aujourd’hui les mêmes biens publics qu’il appelait de ses vœux, font défaut ou sont menacés : la sécurité (contre l’invasion), les libertés (contre l’oppression), le besoin de Justice, la concorde entre Français. Si les situations concrètes et par suite les défis ne sont plus les mêmes, les besoins du pays restent identiques et ses carences ont toujours des causes idéologiques et institutionnelles. Le pacifisme porteur de guerre a pris l’allure de la mondialisation heureuse et de l’immigrationnisme à tout vent. La Liberté n’est toujours qu’un mot creux, mais qui formule, hélas, le triomphe de la modernité justement libérale : la totale autonomie de l’individu à l’égard du réel. Les avancées sociétales qui en découlent sont autant de reculs très préoccupants pour l’homme. Les libertés concrètes dont devraient jouir les communautés de destin qui structurent la vie sociale, subissent toujours un carcan idéologique, qu’aucune réforme sérieuse n’est venue véritablement contrarier, ni sur la question de la décentralisation, ni sur celle de la représentation. Au cours de l’histoire, c’est au Prince dont le sens de la Justice se traduisit en magistrature bienfaisante qu’est allée la confiance des Français. En l’absence d’un tel juge suprême l’autorité judiciaire n’est plus honorée d’une telle confiance. Quant à la concorde entre Français, elle suppose la forte réalité de la nation, ce « nous » commun favorisant l’entente plutôt que la discorde. On lui substitue un abstrait et inconsistant vivre-ensemble censé se confondre avec les valeurs et pratiques républicaines naturellement diviseuses. Il en résulte une société toujours plus éclatée oscillant entre individualisme et communautarisme, que ne corrigera aucune « citoyenneté européenne » ni aucun esprit cosmopolite.

    Décidemment le dossier Maurras n’est pas clos. Ni pour l’histoire, ni pour la politique française présente et à venir.

    Bernard Pascaud